Posted by on Nov 3, 2005 in Personal, The Odd Philosophical Question | 4 comments

It’s that time of year again.
The time of year when I think I should start writing again. Anything. Another story, another book, a better story, better poems and pieces. I really have no idea why it’s always when the nights become longer, when the day starts to redraw earlier that I get this urge to simply sit down and pour it all out.
And since one thing never comes alone but rather in a pair, it’s also the same time that I get overrun by the strangest doubts about everything… mainly about work of course. It’s the same story over and over again. I don’t even know what’s first. The doubt ? The urge to write ? Probably doubt. And probably the writing is a way to overcome the doubt or stall for time in addressing the urgent matters about my work.
It’s not like there wasn’t any reason to doubt. A lot of things seem hazy at the moment. Unsure and pretty dim to say the least. I don’t feel like I have accomplished much this last year and writing the thesis is just a terrible bore. Why did it ever become such a terrible drag ? I remember being actually quite good at this. And now its one phrase after the other, I can’t do anything without asking me if it’s even worth it. I somehow fear that it’s a tad bit more than just the usual doubt crisis that comes with the workload (smuggled in somewhere between publication – yay ! – and the title – wow !). It’s like I’ve lost the passion, or developed another one that takes me into another direction completely.
And in a year’s time I’ll be without any pay and still stuck with this project that nobody really seems to care about, least of all any of the responsibles. It used to be my heart blood and still is, but I somehow feel pushed onto the little bench in front of the admissions office: wait, wait, wait… sorry we’re closing.

I can only hope that nobody from work reads this, but since I’ve been quiet quite a while, nobody will think of checking in here anymore. So I guess I’ll be OK. I’ve always said that my studies and the profession I chose was rather out of curiosity than anything else. That combined with the urge to see how far I could go, I start to think that maybe this is it. This is how far I was able to go. Not another step further. Who knows.
Another day tomorrow and another cup maybe.

4 Comments

  1. 11-4-2005

    Ton espoir de ne pas être lue ne sera pas satisfait… Désolé.
    Mais il n’y a rien d’embarrassant dans ta description: j’aurais pu écrire – en français – certaines de tes phrases. La flamme de la passion est dure à maintenir, je ne sais pas trop pourquoi. Et la spirale du doute.
    Je crois qu’il y a des choses qui nous gâchent le plaisir, dans tous les domaines: les gens ambitieux, les humiliations académiques, la vanité de certaines rencontres. Et le plus dure, c’est de conserver sa motivation, dans un monde pareil. Et plus étrange, c’est que la philosophie a été conçue, par le passé, comme une thérapie qui doit détacher de ces aspects-là de la vie. Et quand, au coeur de la philosophie, il y a des hommes et des femmes qui passent à côté d’elle sans la voir, c’est étrange.
    Au fond, nous sommes historiens de la philosophie et pas philosophes, peut-être. Les textes anciens, inactuels, ne nous guérissent pas de nos malaises. Parce que contexte, bibliographie, historiographie, distance critique, colloques et séminaires.
    D’un autre côté, le courage d’Ockham, la détermination de certains artiens et l’obstination de Bruno m’inspirent parfois. Et me consolent.
    *Consolatio historiae philosophiae*.
    Et puis, il y a la vie: l’amour, les bons repas, le vin, les films, un bon roman et les soirées au bord de l’Atlantique. La vie qui rend parfois notre ‘métier’ un peu vain.
    Courage.

  2. 11-5-2005

    Merci, pour ces mots, ces émotions et enfin pour l’appel à la raison, puisque la raison reste ce qui nous unit avant ou bien après tout… toutes les bagarres inutiles, les vanités trop vite accentuées et vécues, et les conflits trop souvent inutiles. Merci pour l’envie de retourner, pour lire et enfin de t’accrocher toi aussi. ;)

  3. 11-9-2005

    Puisqu’on est entre amis… avant peut-être d’être entre collègues. Nos bureaux sont un peu éloignés géographiquement, mais nous avons la même carte des doutes et des difficultés, ou presque. J’ai peut-être eu de la chance, pour contrebalancer les bassesses du monde académique que l’on ne peut pas ne pas subir, de rencontrer des gens qui faisaient de leur travail leurs lieux de partage, et des colloques leurs rencontres d’amitié. Je me suis souvent demandé pourquoi faire ce travail d’historien de la philosophie… et qui plus est une thèse ! et plusieurs réponses me sont venues, selon les périodes d’ombre ou de lumière, qui m’ont permis de tenir bon la barre. Peut-être pourront-elles aussi vous être utiles. Je fais d’abord ce travail pour moi, parce que j’aime ça. Ce que beaucoup de gens considèrent comme des peaux mortes qui sentent la poussière – les manuscrits, les livres – sont pour moi vivants. J’aime leur odeur et leur contact ; malgré le fait que je peste souvent contre les copistes et leurs écritures illisibles, j’aime déchiffrer ce qu’ils voulaient transmettre. J’essaie de voir entre les lignes ce que l’auteur voulait transmettre aux générations suivantes. Je suis curieux, et je peux me laisser aller. Je crois que si l’on fait honnêtement son travail d’historien de la philosophie, on ne peut pas ne pas devenir un tant soit peu philosophe :o). Lorsque je perds le goût de cette recherche, c’est à eux, ces anciens que je cherche à comprendre, que je me rattache. Je me dis que d’une certaine manière je leur dois justice pour leur recherche de la vérité, leur tentative de comprendre le monde, et même pour leur erreurs :-). J’ai l’impression que d’une certaine manière je leur dois un peu ce que je suis, et que pour cela je me dois de chercher avec eux ce qu’il y a de vrai dans ce monde. J’ai aussi l’impression que c’est un peu notre tâche pour ce monde: comprendre et faire comprendre aux autres ce que nous sommes et ce que nous avons été. C’est vrai, parfois la seule chose qui nous reste dans le découragement ce sont des automatismes… mais ils sont justement là pour nous aider, pour temporiser, nous permettre de retrouver de l’énergie, rassembler nos forces, retrouver la “foi” (qui n’est jamais bien loin) et repartir de plus belle. Un de mes amis dans un moment de découragement lors de ma licence m’avait dit: il faut toucher le fond pour pouvoir donner une impulsion et remonter. Il n’avait pas tort. C’est parfois dans l’ombre uniquement que l’on peut voir le scintillement de la bougie ; c’est souvent seulement dans les doutes et difficultés que l’on comprend vraiment pourquoi on fait ce travail et pourquoi il faut continuer. Chacun a sa, ou plutôt ses raisons… il faut juste les raviver de temps en temps… l’écriture en est une; l’amour, la plage et toutes les bonnes choses de la vie aussi. Et l’amitié! Hang on !

  4. 11-10-2005

    Chère Iseult, cher Joel, me relisant, je crois que j’ai été très négatif dans ma description. Je me reconnais dans la description faite par Joel: je crois qu’il y a un devoir ‘de mémoire’ envers ces hommes et ces femmes du passé, qui ont voulu comprendre le monde et se comprendre eux-mêmes. il y a quelque chose de magnifique, d’héroïque, d’exemplaire à vouloir trouver un sens à l’existence humaine et à l’univers, et à définir ce qu’est un comportement adéquat, surtout parce le contexte des auteurs du passé était parfois très difficile, ponctué de guerres civiles et de graves difficultées politiques. J’aime Dante, Ockham, Boèce de Dacie et même Thomas d’Aquin (!), sans parler de tous les autres, moins connus, parce qu’il y a du courage et un engagement personnel fort dans leurs oeuvres. Ce ‘devoir de mémoire’ et de justice historique (rétablir les faits, en somme), doit être réalisé. Au fond, il ne s’agit pas d’idéaliser les savants du passé: ce ne sont que des hommes et des femmes, rongés par l’envie, la crainte et la méchanceté; des nains trop humains sur des épaules de géants tout aussi humains. Ce qui m’étonne toujours c’est que le destin personnel de ces auteurs et la fortune variable de leurs oeuvres devraient nous enseigner la modestie, sans parler des contenus de certaines oeuvres ou de certaines traditions, qui ont pour but explicite le bonheur humain et l’état de bien-être. Sachant cela, comment peut-on mal se comporter dans un cadre académique et personnel? J’aime beaucoup les pages de Pierre Hadot sur l’ascèse que demande la recherche historique et sur les rapports entre sagesse antique, méthode historique et philosophie en général. L’histoire de la pensée oriente indirectement vers une certaine forme de sagesse. Peut-être. Voilà. Reste à constater que ce site est décidément très bien fréquenté… Amicalement.

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